Au-delà des accidents routiers, une santé menacée !
28 May 2026 / Article
La surcharge des usagers dans les transports, pratique récurrente et banalisée, est à l’origine de nombreuses conséquences, à l’image d’un arbre qui cache la forêt.
Dans les transports routiers, le phénomène de surcharge bat son plein et semble avoir été accepté comme normal dans les zones urbaines, semi-urbaines et rurales des pays en voie de développement. De la surcharge des colis à celle des passagers, les dangers sont pléthores. Alors que les chauffeurs et responsables d’agences de voyage qui s’y frottent y voient le seul moyen de joindre les deux bouts, les vies sont mises en péril au quotidien et la santé publique pourrait être menacée.
Dans les taxis collectifs de Yaoundé, Douala, Bafoussam et les baka ou wororo d’Abidjan et Yamoussoukro, les passagers sont confrontés à des défis qui mettent en danger leur quotidien. Pour des véhicules conçus pour cinq places, certains chauffeurs arrivent à en mettre jusqu’à neuf passagers. La mauvaise aération, la chaleur, l’étouffement sont des conséquences directes souvent minimisées ; pourtant, elles favorisent la propagation des maladies virales respiratoires et transmissibles à l’instar des grippes. De même, le contact peau à peau, mettant en évidence l’échange des sueurs, est un vecteur non négligeable des maladies contagieuses de la peau pour ne citer que cela.
Dans un contexte où les citoyens ne se questionnent pas systématiquement sur les vaccins contre les maladies transmissibles telles que l’hépatite, ça devient criard pour chaque citoyen de jouer sa partition en évitant la surcharge dans les transports.
Au-delà d’attendre les mesures des autorités compétentes pour réguler ce secteur, il est utile de susciter l’engagement afin de réduire la surcharge dans les transports en commun, souvent source de plusieurs maladies à court, moyen et long terme. Réduire la surcharge dans les transports ne devrait plus être considéré comme une pratique normale ; elle devrait interpeller non seulement les usagers qui en subissent directement, mais également les responsables d’agences et surtout les autorités dans une optique de prévention et de protection de la santé publique.
Marie Paule Atalmbah-Yamedjeu
The Pan African Medical Journal, Yaoundé, Cameroon (CAMEROON)